Né en 1926 dans le Val de Marne, peint depuis l'âge de dix ans. Après la guerre, proche des époux Thévenin, il fréquente l'atelier de "Minouche", sœur de Paule, et il y rencontre régulièrement Antonin Artaud. Au début des années cinquante, il rejoint la Réaction figurative animée par Rebeyrolle, Buffet, Lorjou et autres Thomson, au sein du Groupe de la Ruche. Toujours infatigable après quelques soixante dix ans de peinture, Serge Goulet est aujourd'hui l'auteur d'une œuvre fondamentale et colossale, souvent jubilatoire, dont plus de trois cent toiles figurent dans des collections publiques ou privées.
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l'artiste
pjL 2008
Somptuosité de la matière, richesse de la couleur, c'est comme une explosion pleine de violence, parfois d'agressivité, qui tout à coup s'approche d'un repos heureux, confiant, où la tendresse subtile des roses vient jouer avec les bleus doux. Il faut aimer le concret, une réalité dense qui s'attarde, se construit peu à peu, s'étale, ou bien, vertigineusement, s'empare du sujet, s'ébroue, conquiert, grossit ou grandit, pour savourer ces "hautes pâtes", riches en épaisseurs colorées, à l'opposé de la gratuité, qui font la personnalité rigoureuse, et pourtant chaleureuse, de l'oeuvre de Goulet. Ce mouvement du pinceau qui modèle la pâte, vient la corriger pour, d'un geste qu'on croirait impulsif - et qui est très concerté - s'emparer du sujet, de la surface de la toile et provoquer cette rencontre heureuse du faire et du sentir, de la matière et de la structure dans une alchimie qui demeure la grande joie du peintre - et son drame quelquefois - qui dispense au spectateur attentif, patient, scrupuleux, la récompense de suivre la peinture. Ne nous abreuvons pas seulement de la stridence de certaines touches colorées, mais goûtons aussi la saveur des violines, des verdâtres, des gris et des beiges qui nimbent le monde vivant de la toile.
Jean Veillet